HyperCard
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HyperCard est un programme et un environnement de programmation développé par Apple pour les ordinateurs Macintosh et IIGS, il ne fonctionne que sous Mac OS versions 9 et précédentes. C'est un des premiers logiciels hypermédia précurseurs du World Wide Web à avoir connu un réel succÚs.
Il combine des éléments de base de données avec un systÚme de développement graphique à base de « piles » similaire à des cartes de répertoire permettant la navigation hypertexte et hypermedia. Le langage de programmation pour HyperCard est HyperTalk. Ce langage permet la manipulation des données mais aussi de l'interface utilisateur.
Cette combinaison de fonctionnalitĂ©s â une base de donnĂ©es Ă la mise en forme simple, une flexibilitĂ© graphique et une simplicitĂ© de programmation â rend HyperCard opĂ©rationnel pour de nombreux types de projets : dĂ©veloppement rapide d'applications et de bases de donnĂ©es, dĂ©veloppement d'applications interactives, systĂšme de contrĂŽle et de commandes, et bien d'autres usages, en particulier didactiques ou ludiques.
HyperCard est originellement commercialisĂ© avec le SystĂšme 5 en 1987 pour 49.95 $ et est ensuite inclus gratuitement avec tous les Macs suivants. Il est retirĂ© de la vente en mars 2004, ayant reçu sa derniĂšre mise Ă jour en 1998, avec le retour de Steve Jobs chez Apple. HyperCard n'a pas Ă©tĂ© portĂ© sur Mac OS X, mais peut ĂȘtre lancĂ© dans l'environnement Classic sur les versions de Mac OS X qui le supportent.
Contents
âą Histoire
⹠Développement
âą Lancement
âą HyperCard 2.0
âą Hypercard 3.0
⹠Réception
âą Description
âą Design
âą HyperTalk
âą Applications
âą Virus
⹠Posterité
âą World Wide Web
âą Liens externes
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Histoire
Développement
HyperCard est créé par Bill Atkinson Ă la suite d'un trip au LSDcite-ref-2[2]cite-ref-3[3]. Il commence Ă travailler dessus en mars 1985 en le nommant WildCard (d'oĂč le nom WILD du creator code). En 1986, Dan Winkler commence son travail sur HyperTalk, ce qui entraĂźne le changement de nom vers HyperCard. L'application sort le 11 aoĂ»t 1987 pour le premier jour du MacWorld Conference & Expo de Bostoncite-ref-4[4], oĂč Atkinson indique faire don d'HyperCard Ă Apple Ă condition que l'entreprise l'offre gratuitement sur tous les Macs. Apple fait donc coĂŻncider la sortie d'HyperCard avec le MacWorld Conference & Expo de Boston pour maximiser la publicitĂ© et la diffusion.
Lancement
Le succÚs est immédiat : l'Association des programmeurs et développeurs d'Apple (APDA) déclare : "HyperCard a été une frénésie. Depuis août [1987, lors de l'annonce] jusqu'à octobre, nos téléphones n'ont jamais cessé de sonner. C'était la jungle." En quelques mois aprÚs sa sortie, on voit naßtre des tas de livres et une cinquantaine de disques de piles publiques sur beaucoup de sujets, notamment en géographie, et plus généralement lorsque l'on voulait un didacticiel.
Apple ne semble pas avoir compris ce qu'était HyperCard. La direction vit qu'il était utilisé par un grand nombre de personnes, y compris en interne avec un flot de commentaires et de rapports de bogues. Cependant, le fait qu'il soit gratuit a grandement restreint le budget de son développement.
HyperCard 2.0
Sous l'impulsion de Kevin Calhoun, la version 2.0, trÚs améliorée, voit le jour fin 1989.
En mĂȘme temps que le dĂ©veloppement d'HyperCard 2.0, un autre sous-groupe d'Apple dĂ©veloppe HyperCard IIGS, une version d'HyperCard conçue pour les systĂšmes Apple IIGS, qui sort en 1991. SpĂ©cialement conçu pour le marchĂ© de l'Ă©ducation, HyperCard IIGS contient globalement les mĂȘmes fonctionnalitĂ©s que les versions 1.x d'HyperCard Macintosh en plus d'un support des capacitĂ©s colorimĂ©triques des appareils IIGS. Bien que les piles HyperCard ne soient pas compatibles avec le binaire (utilisĂ© par les Apple IIGS), un programme de traduction (une autre pile HyperCard) leur permet d'ĂȘtre transfĂ©rĂ©s d'une plateforme Ă l'autre.
Simultanément, Apple décide que la plupart de ses logiciels, y compris HyperCard seront désormais gérés par leur nouvelle division Claris. Beaucoup de développeurs refusent de changer de division, certains uniquement par principe[réf. nécessaire], ce qui mÚne à une division de l'équipe de développement. Les premiÚres versions Claris d'HyperCard sont livrées sans le mode d'édition mais avec une astuce cachée : en entrant "magic" dans le champ de texte on transformait le lecteur en environnement d'éditioncite-ref-5[5]. Lorsque cette astuce devient universelle, une nouvelle solution voit le jour : seul HyperCard Player, sera distribué gratuitement avec les systÚmes d'exploitation Macintosh, pendant que Claris vend la version complÚte séparément. De nombreux utilisateurs et utilisatrices trouvent alors indigne de devoir payer l'utilisation d'un logiciel qui avait toujours été offert et que beaucoup considéraient comme indissociable du Macintosh.
Claris continua le développement en ajoutant des améliorations mineures, permettant d'utiliser la couleur, mais la version 3.0 ne fut jamais distribuée. Face au manque de nombreuses fonctionnalités basiques, les utilisateurs commencÚrent à migrer vers d'autres systÚmes comme SuperCard et Macromedia Authorware. Malgré tout, la popularité d'HyperCard et son utilisation pour diverses applications, du jeu The Manhole (par les futurs créateurs de Myst) en passant par les services d'informations d'entreprises, persistaient.
Puis deux ans aprÚs, Apple finit par réintégrer Claris à la maison mÚre et le développement d'HyperCard revient à l'équipe originelle d'Apple, qui sort prématurément la version 2.2 en 1992. Cette nouvelle version contient des licences de Color Tools et Addmotion II, qui permet de créer des images en couleurs et intÚgre l'animation. Mais ces outils étaient limités et difficiles à utiliser par le manque de gestion des couleurs dans HyperCard 2.0.
Hypercard 3.0
Il y eut plusieurs tentatives chez Apple pour relancer HyperCard. Le produit fut mĂȘme rattachĂ© au groupe QuickTime car il y avait une relation avec le multimĂ©dia. Une nouvelle version visait Ă permettre Ă HyperCard de crĂ©er des films interactifs QuickTime (QTi), encore une fois sous la direction de Kevin Calhoun. QTi a Ă©tendu les fonctionnalitĂ©s multimedia de QuickTime jusqu'Ă obtenir de rĂ©elles interactions et un langage de programmation de bas niveau basĂ© sur le langage assembleur 68000.
Une version 3.0 alpha est présentée à la Apple Worldwide Developers Conference (WWDC)cite-ref-6[6] de 1996. Sous la direction de Dan Crow, le développement continue jusqu'à la fin des années 1990, avec des démos publiques montrant des fonctions populaires telles que la gestion des couleurs, la connexion à Internet, et la possibilité de jouer les piles HyperCard (alors devenues un format de films QuickTime) dans un navigateur web.
Pour plusieurs raisons, le produit ne fut jamais disponible et le dĂ©veloppement d'HyperCard 3.0 s'arrĂȘte lorsque les Ă©quipes de QuickTime se concentrent sur le dĂ©veloppement des fonctions interactives pour QuickTime 4.0, en 1998cite-ref-7[7].
Steve Jobs, qui n'aimait pas le logiciel à cause du refus d'Atkinson de le suivre lors de son départ chez NeXT, abandonna le logiciel en 2000 et dirigea les équipes en charge sur d'autres projets. Calhoun et Crow quittent Apple en 2001.
Cela fut suffisant pour tuer le produit, aprĂšs des annĂ©es d'hĂ©sitations et de mauvaise gestion, dans une pĂ©riode oĂč Apple avait de grosses difficultĂ©s financiĂšres.
Sa derniĂšre sortie date de 1998 et son arrĂȘt total de 2004cite-ref-8[8].
Réception
Le magazine Compute!'s Apple Applications affirmait en 1997 qu'HyperCard « pourrait faire des Mac les ordinateurs personnels de premier choix ». Tout en notant que ses grands besoins en mémoire seraient plus adaptés pour des ordinateurs munis de 2Mo de mémoire et de disques durs, le magazine prédit que « le plus petit atelier de programmation serait capable de s'adapter aux spécificités des "stacks" (piles) », surtout en utilisant des CD-ROMscite-ref-9[9]. Compute! prédit en 1988 que la plupart des futurs logiciels Mac seraient développés via HyperCard, car son utilisation était si addictive que les développeurs « seraient incapables de s'en détacher suffisamment longtemps pour pouvoir créer un substitut »cite-ref-10[10].
En 1989, Byte le place parmi les gagnants du prix "Excellence" des Byte Awards. En déclarant que « tout comme chaque nouveau détenteur du prix, le logiciel a des défauts », le magazine explique qu'« HyperCard ouvre la voie à une toute nouvelle catégorie de logiciels » et félicite Apple de l'offrir d'office avec chaque Maccite-ref-11[11].
En 2001, Steve Wozniak nomme HyperCard « le meilleur logiciel jamais écrit »cite-ref-12[12].
Description
Design
HyperCard est basé sur le concept de piles de cartes virtuellescite-ref-13[13].
Les cartes contiennent des donnĂ©es, de la mĂȘme maniĂšre que dans le Rolodex
Les cartes sont composées globalement de deux objets :
âą le fond, duplicable et utilisable comme modĂšle d'une carte Ă une autreâč afin de conserver des Ă©lĂ©ments similaires ;
⹠les calques qui utilisent les outils graphiques (boutons, champs, images, sons, etc.) du fond et ajoutent les leurs. Plusieurs niveaux autorisent ou non des modifications devenant définitives, l'état historique étant sauvé comme nouvelle carte.
Les utilisateurs peuvent construire des bases de donnĂ©es en ouvrant l'Ă©diteur de fond et des Ă©lĂ©ments de dessin pour contenir les diverses piĂšces de donnĂ©es. Par exemple, un carnet d'adresse peut ĂȘtre construit en ajoutant quelques champs de textes pour contenir le nom et l'adresse. Une fois complĂ©tĂ© l'utilisateur ajoute simplement une nouvelle carte et tape dans les champs. Le fond peut ĂȘtre changĂ© Ă n'importe quel moment. Les opĂ©rations de base comme la recherche, l'ajout ou la suppression sont incluses dans l'environnement.
Un script dans le langage HyperTalk permet de modifier ou Ă©tendre le systĂšme dans une certaine mesure. Le script de chaque objet peut ĂȘtre Ă©ditĂ© Ă tout moment et ses changements sont enregistrĂ©s automatiquement. Quand l'utilisateur opĂšre des actions dans l'interface graphique, comme cliquer sur un bouton ou taper du texte, elles sont transcrites en Ă©vĂ©nements par l'exĂ©cutif HyperCard. L'exĂ©cutif examine ensuite le script de l'objet ciblĂ© par l'Ă©vĂ©nement, comme un bouton, pour vĂ©rifier s'il contient le code de l'Ă©vĂ©nement, appelĂ© un handler. S'il le contient, le moteur HyperCard exĂ©cute le handler ; sinon l'exĂ©cutif examine les objets suivants dans la hiĂ©rarchie visuelle. Cependant, plus la taille de pile augmente, moins celle-ci est rĂ©active.
Ces concepts constituent la majorité du systÚme HyperCard ; les piles, les fonds et les cartes offrent un systÚme d'interface graphique, le dossier de pile contient les objets et les fonctionnalités de base de données, HyperTalk permet l'écriture des handlers pour les événements graphiques. Cependant, contrairement à la majorité des systÚmes RAD ou de bases de données de l'époque, HyperCard combine toutes ces fonctionnalités, à la fois orientées utilisateur et développeur, en une seule application. Cela permet des changements rapides et un prototypage immédiat, possiblement sans aucun code, permettant aux utilisateurs et utilisatrices de proposer des solutions personnalisées via une interface adaptée.
"Autonomie" est devenu un mot clé saisi par les communautés Macintosh, tout comme la phrase "programmer pour les autres" (programming for the rest of us), faisant référence à n'importe qui et pas seulement les programmeurscite-ref-14[14].
« The beauty of HyperCard is that it lets people program without having to learn how to write code â what I call "programming for the rest of us". HyperCard has made it possible for people to do things they wouldn't have ever thought of doing in the past without a lot of heavy-duty programming. It's let a lot of non-programmers, like me, into that loop. »
â David Lingwood, APDA
HyperTalk
HyperTalk est un langage de script orientĂ© objet. Sa syntaxe se rapproche de la langue anglaise. Les spĂ©cificitĂ©s du langage HyperTalk ont Ă©tĂ© prĂ©dĂ©terminĂ©es par l'environnement HyperCard, mais pouvaient ĂȘtre Ă©tendues Ă des fonctions (XFCN) et commandes (XCMD) externes, Ă©crites en langage compilĂ©cite-ref-0-15-0[15]. HyperTalk supporte la plupart des structures programmĂ©es simples telles que "if-then" et "repeat". HyperTalk est verbeux, d'oĂč sa facilitĂ© de lecture.
On peut écrire une commande en anglais simplifié, écrire les chiffres sous forme ordinale ou numérique, et tous les objets utilisés peuvent posséder un nom.
Ajouter des scripts Ă©tait facile d'utilisation : on « option-cliquait » n'importe quel Ă©lĂ©ment dans la pile et un Ă©diteur apparaissait. Le script pouvait ĂȘtre Ă©ditĂ©, sauvĂ© et utilisĂ© immĂ©diatement.
Modules Externes
HyperCard peut ĂȘtre enrichi grĂące Ă des modules de commandes (XCMD) et fonctions (XFCN) externes. Ce sont des bibliothĂšques de code rĂ©unies dans un fork de ressources qui intĂšgre soit le systĂšme gĂ©nĂ©ral soit spĂ©cifiquement le langage HyperTalk. C'est un exemple prĂ©curseur du plugin, Ă la diffĂ©rence que les modules HyperCard ne demandent aucune installation avant utilisation ; ils peuvent ĂȘtre inclus dans une pile, oĂč ils sont directement accessibles aux scripts de cette pile.
Lors du pic de popularité d'HyperCard à la fin des années 1980, des vendeurs proposÚrent des centaines de ces modules externes, tels que des compilers HyperTalk, des systÚmes graphiques, des accÚs aux bases de données, des connexions Internet et des animations.
Oracle offrait par exemple une XCMD (ensuite remplacée par Oracle Card) permettant à HyperCard de chercher directement les bases de données Oracle sur n'importe quelle plateforme.
BeeHive Technologies offraient une interface matĂ©rielle permettant Ă l'ordinateur de contrĂŽler des appareils externes. ConnectĂ© via le Apple Desktop Bus (ADB), cet outil pouvait lire l'Ă©tat de l'appareil liĂ© ou Ă©crire des instructions numĂ©riques Ă plusieurs appareils en mĂȘme temps.
Les modules externes donnaient accÚs à la Boßte à Outils Macintosh, qui contenait de nombreuses commandes de bas niveau et de fonctions non natives à HyperCard, comme le contrÎle des ports ADB et série.
Applications
HyperCard Ă©tait utilisĂ© pour des projets relevant autant de l'hypertextecite-ref-16[16] que des domaines artistiques. Avant la disponibilitĂ© de PowerPoint, il fut utilisĂ© comme logiciel de prĂ©sentation. Les exemples d'utilisation d'HyperCard incluent autant de "jeu dont vous ĂȘtes le hĂ©ros" que d'applications pĂ©dagogiques.
GrĂące Ă sa rapiditĂ© d'Ă©dition et son design simple, HyperCard Ă©tait aussi souvent utilisĂ© pour le prototypage d'applications. Au sein mĂȘme d'Apple, l'Ă©quipe en charge de QuickTime Ă©tait un des plus gros clients d'HyperCard.
Les besoins matériels d'HyperCard étant moins élevés que ceux de Macromedia Director, donc de nombreux logiciels ont été créés via HyperCard. Parmi les plus connus : la version originale du jeu graphique Mystcite-ref-17[17], les Voyager Company Expanded Books, les CD-ROMs multimedia de la NeuviÚme Symphonie de Beethoven, A Hard Day's Night des Beatles et l'édition MacBeth de Voyager Company. Une édition numérique du Whole Earth Catalog a aussi été implémentée dans HyperCardcite-ref-18[18] et stockée sur CD-ROMcite-ref-19[19].
Le prototype et la démo du célÚbre jeu You Don't Know Jackcite-ref-20[20]cite-ref-21[21] ont aussi été écrits dans HyperCard.
Le constructeur automobile français Renault l'utilisait pour gérer les inventairescite-ref-22[22]cite-ref-23[23].
Au Québec, HyperCard était utilisé pour le contrÎle d'un bras robotisé qui insérait et retirait des disques vidéos au Comité National du Film CinéRobothÚque.
HyperCard était utilisé pour prototyper un modÚle fonctionnel du SIDOCI (une des premiÚres expérimentations au monde pour développer un dossier médical informatisé) et a fortement été utilisé par une firme de Montréal pour démontrer à quoi ressemblerait "la journée type d'un patient sur le point d'aller en chirurgie" dans un monde sans papier.
Activision, qui à l'époque n'était qu'une compagnie de jeu vidéo, vit HyperCard comme point d'entrée sur le marché. En changeant de nom pour Mediagenic, ils publiÚrent de nombreuses applications notables avec HyperCard. Notamment le Focal Point de Danny Goodmancite-ref-0-15-1[15], manager de données personnelles, et Reports for HyperCard, un programme par Nine to Five Software permettant d'utiliser HyperCard comme une vraie base de données avec une bonne visualisation des informations et une fonction impression.
SuperCard, logiciel inspirĂ© par HyperCard, incluait le plug-in Roadster qui permettait aux piles d'ĂȘtre placĂ©es et visualisĂ©es dans un navigateur web via un plug-in web appropriĂ©. Il y avait mĂȘme une version Windows de ce plug-in qui permettait aux utilisateurs de ce systĂšme de l'utiliser.
Virus
Comme HyperCard exécutait les scripts à l'ouverture du logiciel, c'était une des premiÚres applications sensibles aux macrovirus. Le virus Merryxmascite-ref-26[26] fut découvert par Ken Dunham au début de l'année 1993, soit deux ans avant le virus Concept. HyperCard a finalement connu peu de virus et leur impact était minime.
Posterité
HyperCard est un des premiers produits Apple à avoir utilisé et popularisé le concept d'hypertexte auprÚs d'un grand nombre d'utilisateurs et utilisatrices.
Jakob Nielsen note qu'HyperCard n'est rien d'autre qu'un programme hypermedia, ses liens ne pointent qu'entre les zones d'une carte, et non entre des objets textuels ; de vrais liens textes similaires aux liens HTML ont été possibles dans des versions ultérieures, mais complexes à implémenter et rarement utiliséscite-ref-27[27].
Deena Larsen a pu programmer des liens dans HyperCard pour Marble Springs.
Plus tard, Bill Atkinson dĂ©plora que s'il avait rĂ©alisĂ© plus tĂŽt le pouvoir des piles en rĂ©seau, HyperCard aurait pu ĂȘtre le tout premier navigateur webcite-ref-28[28].
L'arrivée du World Wide Web, qui n'était plus limité par la capacité du disque dur d'une seule machine, sonna le glas d'HyperCard. L'influence d'HyperCard sur le web n'est pas des moindres : le logiciel a permis la création du protocole HTTP (via son influence sur Robert Cailliaucite-ref-29[29], collÚgue de Tim Berners-Lee) et de JavaScript (Brendan Eich, le créateur, s'est inspiré d'HyperTalkcite-ref-30[30]). Il fut aussi une grande inspiration pour ViolaWWW, un des premiers navigateurs webcite-ref-31[31].
Le curseur pointant du doigt utilisé pour naviguer entre les cartes fut aussi récupéré dÚs les premiers navigateurs web, lors du survol des hyperlienscite-ref-32[32].
Selon Ward Cunningham, le créateur de Wiki, son concept remonterait aussi à une pile HyperCard qu'il avait écrit à la fin des années 1980cite-ref-34[34]cite-ref-35[35]cite-ref-36[36].
En 2017, l'Internet Archive lance un projet de sauvegarde et d'émulation de piles HyperCard, permettant aux utilisateurs et utilisatrices de téléverser les leurs.
L'interface graphique (GUI) du prototype du Téléphone Apple Wizzy Active Lifestyle était basé sur HyperCardcite-ref-37[37].
World Wide Web
HyperCard a influencé le développement du web à la fin des années 1990. Il a influencé Robert Cailliau qui assistait Tim Berners-Lee dans la création du premier navigateur ; il a aussi influencé la création de JavaScript via HyperTalkcite-ref-38[38].
Bien que les piles HyperCard ne fonctionne pas sur Internet, dÚs 1988, au moins 300 piles étaient disponibles en téléchargement public depuis le réseau commercial CompuServe (qui n'était alors pas encore connecté à l'Internet). Ce systÚme pouvait lier entre eux des numéros de téléphone sur un ordinateur et permettre aux utilisateurs et utilisatrices de composer les numéros sans avoir besoin de modem, en utilisant un appareil moins coûteux : l'HyperDialercite-ref-39[39].
En ce sens, il produit une expérience basée sur l'association d'informations et la recherche par liens, tout comme le web, bien qu'il n'opÚre pas encore via le protocole TCP/IP. Il est donc perçu comme un précurseur des hyperliens. Comme le web, il permet l'interconnexion de nombreux types de media.
SystĂšmes similaires
D'autres sociétés virent le potentiel d'HyperCard et offrirent leurs propres versions. En 2010, quatre produits offrent des fonctions similaires à celles d'HyperCard :
⹠HyperNext, un logiciel de développement qui reprend beaucoup d'idées d'HyperCard et permet de créer à la fois des applications et des piles, qui se lancent via l'HyperNext Player. HyperNext est disponible sur Mac OS 9 et X et sur Windows XP et Vista.
⹠HyperStudio, un des premiers clones d'HyperCard, développé par Software MacKiev dÚs 2009cite-ref-40[40].
⹠LiveCode, publié par LiveCode, Ltd., élargit grandement les fonctionnalités prévues par HyperCardcite-ref-41[41] et propose des couleurs et une interface graphique (GUI) accessible via la plupart des systÚmes d'exploitation récentscite-ref-42[42] (Android, iOS, Classic Macintosh, Mac OS X, Windows 98 à 10, et Linux/Unix). LiveCode importe directement les piles HyperCard et offre un chemin d'accÚs pour les piles toujours active.
⹠SuperCard, le tout premier clone d'HyperCard, lui est similaire en y ajoutant de nombreuses fonctions : gestion complÚte des couleurs, graphiques en pixels et vecteurs, une boßte à outils GUI complÚte, une compatibilité avec la plupart des fonctions Mac OS X récentes. Il permet de créer à la fois des applications et des piles, qui se lancent via le SuperCard Player. SuperCard permet aussi de convertir des piles HyperCard en projets SuperCard. Il ne fonctionne que sur Mac.
Il existe aussi des projets plus anciens :
⹠SK8, un "tueur d'HyperCard", développé chez Apple mais jamais sorti. Il était censé étendre le langage HyperTalk pour gérer les objets arbitraires, ce qui devait permettre la création d'applications Mac complÚtes (au lieu de piles). Le projet ne fut jamais commercialisé, mais le code source relÚve du domaine public.
âą Hyper DA de Symmetry Ă©tait une application bureau créée pour les OS Mac monotĂąches permettant la visualisation de piles HyperCard 1.x en fenĂȘtrĂ© dans n'importe quelle application. Elle Ă©tait aussi encastrable dans d'autres applications Claris (comme MacDraw II) afin d'en visualiser la documentation.
âą L'application ToolBook d'Asymetrix pour Windows ressemble aussi Ă HyperCard et inclut ensuite un convertisseur externe pour lire les piles HyperCard.
De plus, de nombreux concepts du systÚme original ont ensuite été réutilisés de maniÚres différentes.
⹠Apple basera son moteur AppleScript sur un langage similaire à HyperTalk. Durant les années 1990, FaceSpan fournit une interface graphique tierce ; AppleScript comprenait aussi une interface graphique native appelée Automator, sortie avec Mac OS X Tiger en avril 2005.
⹠AppWare, d'abord nommé Serius Developer, est parfois vu comme similaire à HyperCard, du fait que les deux soient des systÚmes de développement rapide d'applications. AppWare s'est vendu au début des années 1990 et fonctionnait sur Mac et Windows.
Une des forces d'HyperCard était sa gestion multimedia, et de nombreux systÚmes multimedia comme Macromedia Authorware ou Macromedia Director se basent sur des concepts émis par HyperCardcite-ref-46[46].
Notes et références
cite-note-wikidata-65bf13aafda68e4df909b180379e47374af53eff-11. « https://macgui.com/usenet/?group=14&id=4987 »
cite-note-22. â atkinsonbill-atkinson(en) Bill Atkinson, « Triangulation 247: Bill Atkinson Part 2 »
cite-note-33. â atkinsonbill-atkinson(en) Bill Atkinson, « Bill Atkinson: Hypercard »
cite-note-44. â bobker1988steven-bobker1988(en) Steven Bobker, The Price of Freedom, novembre 1988 (lire en ligne), Vol. 4, no. 11 pp. 63-66
cite-note-55. â foraker1989paul-foraker1989(en) Paul Foraker, « Apple's taken HyperCard back from Claris. Here's what they've done with it », MacTech, vol. 10, no 3,â 1989 (Claris also tried an interim scheme of shipping a crippled, low user-level, Home stack, which users could override by typing 'magic' in the message box. There was some confusion between this version and the Player, that had people trying unsuccessfully to type 'magic' in the message box of the Player. The magic in HyperCard 2.2 is all plain and visible., lire en ligne)
cite-note-66. â clifford1996colby-clifford1996(en) Colby Clifford, « HyperCard's new deal: QuickTime authoring », sur MacWeek, septembre 1996
cite-note-77. â duncan1998geoff-duncan1998(en) Geoff Duncan, « Alas, HyperCard! », sur TidBits, 2 novembre 1998
cite-note-88. â oren204tim-oren204(en) Tim Oren, « A Eulogy for HyperCard » [Blog] (Type pad), sur Due Diligence, 26 mars 204
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Liens externes
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